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Un exemple-type des techniques de restauration :
LE LAVOIR DE MONTQUINTIN Histoire et Description. En contrebas du château, la lisière Nord du périmètre classé est bordée par les vestiges d’un long mur de terrasse qui délimitait jadis le potager du château, aujourd’hui reconverti en verger
Les renseignements concernant cette zone proviennent avant tout de ce que le potager figure sur la carte de cabinet des Pays-Bas autrichiens, feuille de Montquintin, dressée par le Comte de Ferraris à la fin du 18ème siècle. La cave est de taille réduite, d’1,80 m de large sur 3 m de profondeur. Une petite surface dallée de pierres de taille précède un seul bassin carré, alimenté par l’eau suintant du mur du fond. Un peu plus loin, vers le mur de clôture Est bordant la route, se trouve en outre un second bassin circulaire non abrité, alimenté par l’autre source, dont une partie de la margelle en pierre a malheureusement disparu. Selon une tradition orale de M. et Mme Genin-Eischorn, qui sont les plus anciens habitants du village, la cave (qui à l’origine n’est donc pas un lavoir) servit aux lavandières du lieu jusqu’à la seconde guerre mondiale (sans doute peu après que l’aile droite du château eût été incendiée, et le site abandonné). La particularité vient de la forme générale de la voûte en plein cintre et des murs dont l’écartement s’élargit progressivement depuis la porte vers le fond, lui donnant une forme ovoïde tout à fait originale.
Etat général. L’ensemble est fortement ruiné. Envahi par la végétation et les arbres, le mur de soutènement de la terrasse s’est affaissé sur presque toute sa longueur, entrainant dans sa chute la porte aux montants de pierre et la moitié de la voûte.
Restauration. Situé en-dehors du périmètre classé, le lavoir ne pouvait bénéficier des subventions normales des Monuments et Sites de la Région Wallonne. Il fut alors fait appel au service PPPW (Petit Patrimoine Populaire Wallon) qui gère les monuments plus modestes non classés, faisant partie du patrimoine public. Cette procédure, elle non plus, ne put aboutir, imposant alors que le travail fût fait par les bénévoles, restaurateurs amateurs sous la direction du chef de chantier, historien d’art.. Etant une œuvre d’apprentissage, la restauration du lavoir est un travail lent, qui a débuté en 2005. Les interventions ont été de plusieurs types et se poursuivent encore.
Une fois le local vidé, des mesures de soutènement provisoire ont été prises. Par l’extérieur, il fut alors procédé à un nettoyage complet du dessus de la voûte, afin d’y placer une membrane d’étanchéité pour empêcher les infiltrations qui, en gelant, dessoclaient les pierres. Le bassin a été nettoyé et un relevé de mesures précis a pu être effectué.
Reconstruction des murs. Une phase plus délicate consiste à brosser les murs intérieurs et les champs d’effondrement, avant d’entreprendre la restauration sur des bases saines.
Afin de reconstituer les lits de maçonnerie et de les relier correctement aux parties encore en place, les moellons sont triés et alignés par type (densité de pierre) et par épaisseur, avant d’être scellés au moyen d’un mortier de chaux. Les pierres non conformes sont retaillées à la main.
Les joints sont creusés profondément et s’apparentent ainsi à l’existant.
Au moyen du fil à plomb, les lits sont progressivement superposés à l’aplomb de la base des murs, jusqu’au départ de la courbure de voûte. L’arrière est comblé, lit par lit, avec des cailloux de blocage, pour faire corps avec le massif de soutènement.
Le tuyau de fonte est dégagé et démonté. Après nettoyage, le bassin est examiné pour déceler les fuites et localiser le trop-plein. Le dallage est démonté, numéroté et reconstitué à l’écart. Après réalisation d’un coffre et la pose des pierres du socle des piliers, un enrochement de béton est coulé sur place. Reconstitution de la baie. Les éléments de piédroit et de linteau, disposés à l’extérieur, sont d’abord nettoyés et soigneusement mesurés.
Le linteau comprenait deux claveaux et une clef centrale. L’élément de gauche est manquant et doit donc être retaillé à dimension. Pour ce faire, la pierre choisie sur place est d’abord dégrossie mécaniquement, puis poncée manuellement sur le modèle d’un patron.
Les piédroits sont posés l’un sur l’autre en veillant à les placer d’aplomb d’un côté avec les parois intérieures et de l’autre avec le mur de soutien extérieur de la terrasse, Des crochets en inox les solidarisent avec la maçonnerie arrière, puis les murs sont ragréés.
En 2009. Pour soutenir le linteau, un coffrage de bois sera disposé, avant que les claveaux ne soient bloqués ensuite par les murs de façade. Là aussi, des crochets inox fixés à l’arrière lieront le cintre à la voûte. Pour celle-ci, plusieurs cintres en bois, de diamètres progressifs calculés selon l’écartement des murs latéraux, seront disposés l’un derrière l’autre, à la manière d’une coque de bateau renversée. Par-dessus, un voligeage reconstituera la courbure avant d’accueillir les pierres formant la voûte, qui seront posées à joints secs. Pour la zone arrière, la courbure sera reformée à partir de l’existant, par poussée manuelle d’étançonnement. Un béton armé de texture épaisse (non coulant) sera ensuite réparti sur toute la surface pour solidariser les parties en place et les parties restaurées. Enfin, après la pose d’une nouvelle évacuation, le dallage sera replacé selon son dessin d’origine, en comblant les vides avec des pierres de récupération locales, mises à mesures. haut de page
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